Les courgettes et les rongeurs
Au potager, il n’est pas rare de retrouver de petits fruits rongés à la base ou des courgettes percées comme si une souris avait fait un goûter nocturne. Ces dégâts surviennent souvent sans avertissement, surtout lorsque les plantes ont un feuillage dense ou que le sol offre des cachettes.
Les causes sont multiples : des mulots qui grignotent les jeunes fruits, des campagnols qui attaquent les racines, ou encore des ragondins proches des zones humides. Identifier l’espèce impliquée permet d’adapter rapidement les mesures de protection.

Les principaux rongeurs qui grignotent les courgettes
Le mulot sylvestre (Apodemus sylvaticus)
Le mulot sylvestre est actif de nuit et aime les graines, les fruits et les jeunes légumes. Il ronge parfois les tiges et les courgettes encore tendres, laissant des marques de petites dents et des trous nets.
Le campagnol terrestre (Arvicola terrestris)
Le campagnol terrestre attaque surtout les racines et les collets des plantes, provoquant un dépérissement progressif sans dégâts visibles en surface au début. Ses galeries et monticules de terre sont des indices typiques de sa présence.

La souris domestique (Mus musculus)
La souris domestique peut entrer depuis les habitations ou les abris de jardin; elle grignote fruits et tiges en laissant souvent de petits excréments à proximité. Sa taille réduite permet d’accéder facilement sous les feuilles denses.
Le ragondin (Myocastor coypus)
Le ragondin est un rongeur semi-aquatique qui s’attaque parfois aux parcelles proches de l’eau en rongeant tiges et racines. Les dégâts sont généralement plus importants et localisés le long des berges ou dans des sols très humides.
| Espèce | Type de dégâts | Indices visibles |
|---|---|---|
| Mulot sylvestre | Fruits rongés, petites perforations | Petites empreintes, restes de peau |
| Campagnol terrestre | Racines grignotées, plantes qui fanent | Galeries, monticules de terre |
| Souris domestique | Tiges et fruits grignotés | Excréments, traces près des abris |
| Ragondin | Tiges coupées, racines endommagées | Présence près de l’eau, traces de mastication |
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Signes de présence et observations pratiques
- Traces et excréments : petits crottes près des plants ou sentiers visibles la nuit.
- Plantes en déclin : courgettes qui jaunissent sans raison apparente ou fruits percés.
- Galeries et monticules : sol affaissé ou tunnels, caractéristique des fouisseurs comme le campagnol.
- Traces sur les berges : végétation coupée ou passages boueux signalant la présence de ragondins.
Fait clé : dans des zones où la végétation est dense, les dommages peuvent augmenter de 10 à 30 % selon des retours de maraîchers locaux, principalement à cause des campagnols et des mulots.
Mesures pratiques pour limiter les dégâts
Il est préférable de combiner plusieurs méthodes plutôt que d’en appliquer une seule. La prévention mécanique, la modification de l’habitat et une surveillance régulière donnent souvent les meilleurs résultats.
| Moyen | Efficacité | Précautions |
|---|---|---|
| Barrières enterrées (grillage 20 mm) | Élevée pour les campagnols | Poser à 30 cm de profondeur, bord supérieur fixe |
| Paillage mince et entretenu | Moyenne, réduit les cachettes | Éviter les tas épais qui servent d’abri |
| Pièges non létaux et relâche | Moyenne pour petits rongeurs | Relâcher loin et respecter réglementation locale |
| Plantes répulsives (menthe, romarin) | Faible à modérée | Effet limité et à compléter par d’autres méthodes |
Aménagement : garder les abords propres, réduire les piles de bois et les tas de compost mal gérés pour enlever les refuges potentiels.
Surveillance : inspecter les plants tôt le matin et après la tombée de la nuit pour repérer traces et blessures fraîches.
Étude de cas courte
Sur un jardin familial de 40 m², la mise en place d’un grillage enterré de 30 cm autour des planches et d’une rotation des cultures a réduit les pertes signalées par le propriétaire de 25 % à 5 % en deux saisons. Ces résultats montrent l’intérêt d’une approche multi-techniques.
Conseils d’intervention
Privilégiez d’abord les méthodes non létales et les améliorations de l’habitat avant d’envisager des traitements chimiques. En cas d’infestation importante, solliciter un professionnel permet d’éviter des erreurs et d’adapter la réponse au contexte local.
Protéger la récolte efficacement
Pour limiter les dégâts sur les courgettes il faut une stratégie cohérente, adaptée au type de rongeur identifié et à l’environnement du potager. Associez barrières physiques, entretien régulier et méthodes naturelles pour une protection durable.
La clé reste la vigilance : détecter tôt, agir vite et suivre l’évolution permet de sauver une grande partie de la récolte sans recourir systématiquement à des solutions radicales.
FAQ
Recherchez fruits percés ou rongés, petites perforations nettes, tiges mâchées, excréments à proximité, galeries ou monticules de terre et passages boueux le long des berges. L’examen matinal et nocturne permet d’observer blessures fraîches et indices spécifiques à chaque espèce.
Le mulot laisse de petites perforations sur fruits et tiges, la souris des traces proches des abris avec petits excréments, tandis que le campagnol attaque racines et collets et crée galeries et monticules. La taille des dégâts et les traces au sol aident à identifier l’espèce.
Combinez barrières physiques enterrées, paillage mince et entretenu, pièges non létaux avec relâche éloignée, plantes répulsives et entretien des abords. La combinaison de mesures et la surveillance régulière offrent la meilleure protection sans recourir systématiquement à des méthodes chimiques.
Sollicitez un professionnel en cas d’infestation importante, de dégâts récurrents malgré les mesures combinées ou si des espèces protégées comme le ragondin sont impliquées. Un expert adaptera la méthode au contexte local et respectera la réglementation et la sécurité sanitaire.
Pour le campagnol, préférez un grillage enterré de 20 mm posé à environ 30 cm de profondeur. Pour mulots et souris, pièges non létaux placés près des passages et relâche loin, filets ou protections autour des fruits pour limiter les accès. Évitez les poisons et respectez la réglementation.