Au potager, il arrive souvent de déterrer des pommes de terre criblées de trous, couvertes de galeries ou rongées sur les bords, signes révélateurs d’une attaque. Ces dégâts peuvent provenir d’insectes, de larves ou de petits mammifères qui trouvent dans les tubercules une source d’alimentation facile.
Comprendre quels animaux s’en prennent aux pommes de terre et comment repérer leurs traces permet d’agir rapidement et de limiter les pertes. Une combinaison de bonnes pratiques culturales et d’interventions ciblées réduit les risques sans dégrader la qualité de la récolte.
Les principaux ravageurs

Les taupins (vers fil de fer)
Les taupins sont les larves du genre Agriotes, allongées et rigides, mesurant souvent autour de 2 cm. Ils creusent des galeries dans les tubercules et rongent les racines, rendant les pommes de terre impropres à la vente et au stockage.
Leur cycle de vie long, parfois de plusieurs années, complique leur éradication et favorise leur résurgence si aucune mesure agronomique n’est prise. La présence de trous coniques et de tubercules « vidés » est un indice fort d’infestation.
Les doryphores
Le doryphore (Leptinotarsa decemlineata) s’attaque surtout au feuillage mais, par affaiblissement des plantes, il impacte fortement le rendement. Les adultes rayés et les larves gourmandes peuvent défolier rapidement une parcelle.
Les œufs groupés sous les feuilles et les amas de larves visibles facilitent la détection au printemps et en été. Des attaques massives exigent une réponse rapide pour éviter une perte de productivité.
Les campagnols
Les campagnols creusent des galeries sous la terre et sectionnent les tubercules et les racines, provoquant l’affaissement des plants. Les parcelles avec herbes hautes ou bordures sauvages sont particulièrement vulnérables.
On repère leur activité par des monticules de terre, des galeries visibles à la surface et des tubercules rongés en profondeur. Leur densité peut détruire une grande partie d’une récolte si l’on n’intervient pas.

Les rats
Les rats sont des opportunistes : ils rongent les pommes de terre stockées et celles encore en terre, surtout dans des conditions humides ou mal ventilées. Ils contaminent aussi les zones de stockage par leurs excréments.
Les traces de mastication, les empreintes et les déjections signalent leur présence. Protéger les réserves et maintenir un environnement propre réduit considérablement les risques.
Les limaces et les courtilières
Les limaces laissent des zones visqueuses et des morsures superficielles sur les tubercules exposés, surtout quand l’humidité est élevée. Elles s’attaquent aussi aux jeunes pousses, affaiblissant les plants.
La courtilière (Gryllotalpa gryllotalpa) creuse et fragmente la partie superficielle des tubercules, ce qui altère leur aspect commercial. Ces deux nuisibles préfèrent les sols meubles et riches en matière organique.
| Pest | Signes | Action prioritaire |
|---|---|---|
| Taupins | Galeries coniques, tubercules « vidés » | Rotation, piégeage, nématodes |
| Doryphores | Défoliation rapide, amas d’œufs | Ramassage, filets, biocontrôle |
| Campagnols | Galeries, monticules, tubercules rongés | Pièges, gestion des bordures |
| Rats | Morsures, déjections, traces d’entrée | Stockage sécurisé, pièges |
| Limaces et courtilières | Trace visqueuse, morsures superficielles | Barrières, appâts biologiques |
Prévention et contrôle
Mesures préventives
- Rotation des cultures : évitez de planter des solanacées au même endroit plusieurs années de suite.
- Nettoyage des résidus : retirez les tubercules oubliés et les débris qui servent d’abri aux rongeurs.
- Aménagement des bordures : faucher et réduire les herbes hautes pour limiter les refuges des campagnols.
Un sol léger et bien drainé décourage certaines larves et limaces, tandis qu’un stockage sec et ventilé limite les dégâts post-récolte. L’observation régulière des parcelles permet d’identifier une attaque au plus tôt.
Contrôle biologique
- Nématodes entomopathogènes : efficaces contre les vers fil de fer lorsqu’ils sont bien appliqués.
- Prédateurs naturels : encourager oiseaux insectivores, hérissons et insectes auxiliaires aide à maintenir les populations de ravageurs basses.
- Piégeage ciblé : poses de pièges pour campagnols et rats sans recourir systématiquement aux raticides.
Les méthodes biologiques exigent patience et suivi mais préservent l’équilibre du sol et la qualité sanitaire des produits. Elles s’intègrent bien aux bonnes pratiques culturales pour une lutte durable.
Contrôle chimique
L’emploi de traitements phytosanitaires doit rester un dernier recours, appliqué avec discernement et conformément aux réglementations. Beaucoup de cultures sont aujourd’hui privées de solutions chimiques efficaces, ce qui renforce l’importance de la prévention.
Pour les producteurs, la prévention comme arme principale reste un message clé : optimiser les rotations, les pratiques de sol et la surveillance permet de réduire fortement les interventions chimiques. Respectez toujours les doses et les délais de sécurité.
| Stockage | Température | Humidité |
|---|---|---|
| Réservation courte | 4–10 °C | 60–75 % |
| Réservation longue | 2–4 °C selon variété | 75–85 % |
Fait clé : des tubercules abîmés attirent plus facilement d’autres ravageurs et favorisent les pertes post-récolte, d’où l’importance d’une récolte soignée.
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- de mars à août en fonction des conditions climatiques de l'année et de votre région.
Protéger efficacement la récolte
Pour limiter les attaques, combinez surveillance, entretien des parcelles et méthodes de lutte non toxiques. Intervenez dès les premiers signaux : galeries, défoliation ou monticules. Adaptez les actions à chaque ravageur — piégeage pour campagnols et rats, nématodes pour taupins, ramassage et barrières pour doryphores et limaces — et privilégiez la rotation et le stockage approprié pour préserver la qualité des tubercules.
FAQ
Cherchez des trous coniques et tubercules « vidés » pour les taupins, des galeries et monticules pour les campagnols, des morsures et traces de mastication pour les rats, et des zones visqueuses ou morsures superficielles pour les limaces.
Les principaux responsables sont les taupins (vers fil de fer) qui creusent des galeries, les campagnols qui rongent en profondeur, les rats opportunistes, ainsi que limaces et courtilières qui laissent des morsures superficielles.
Pratiquez la rotation des cultures, évitez les plantations répétées de solanacées, améliorez le drainage et la structure du sol, enlevez les tubercules oubliés et envisagez le piégeage ou l’application de nématodes entomopathogènes adaptés.
Favorisez la gestion des bordures et herbes hautes, installez des pièges mécaniques ciblés, encouragez prédateurs naturels comme oiseaux et hérissons, et sécurisez le stockage plutôt que d’utiliser systématiquement des raticides chimiques.
Conservez dans un endroit sec, ventilé et propre, à température et humidité adaptées selon la durée de stockage, inspectez régulièrement, retirez tubercules abîmés et utilisez contenants protégés pour limiter l’accès des rongeurs.